Bienvenue à la vannerie du Morne des Esses

20150120_114125 (150x84)Il est des lieux qui se sont imposés dans le temps, comme des repères précieux pour la mémoire collective, ces lieux qui font partie de l’histoire et du patrimoine de la ville doivent bénéficier d’une attention particulière pour qui se soucie de préserver l’environnement, l’histoire, et le capital culturel, afin d’en transmettre la meilleure part possible aux générations futures. C’est un devoir que s’est assignée la ville de Sainte-Marie, qui a le privilège d’héberger des lieux chargés d’histoire et de culture rayonnant sur toute l’île, parmi ces nombreux sites authentiques, il en est un que tout martiniquais porte en son cœur, temple d’un savoir faire qui a failli disparaître, l’art de tresser les fibres séchées et diversement colorées de l’aroman et du cachibou, plantes qui poussaient à profusion dans la verte campagne samaritaine où vivaient autrefois les Amérindiens, premiers habitants de l’île.

Si très peu de leurs us et coutumes sont parvenus jusqu’à nous, la vannerie heureusement nous est restée, bien tapie dans les fonds fertiles de Morne Des Esses où elle fut enseignée par les autochtones aux Africains qui le transmirent à leur tour, de génération en génération, à leurs enfants.

Les dernières vannières de l’île, viennent de ces familles qui ont maintenu la tradition et c’est en actives gardiennes’ qu’elles écoulent dans ce lieu dédié leur production artisanale, tout en perpétuant le savoir faire ancestral à travers des démonstrations, des stages et des initiations. Grâce à elles et à leurs parents avant elles, cet art ne cesse d’évoluer, créant un style martiniquais dont elles sont les dépositaires,

Une visite à la vannerie est une rencontre avec la créativité martiniquaise et c’est aussi un voyage dans le temps, à travers les évènements qui ont scellé le destin de l’île et celui, tragique, des autochtones, dont les chefs et les guerriers n’ont pu échapper à l’invasion, l’esclavage et le crime contre l’humanité dont ils sont officiellement reconnus victimes.

Cette partie de l’histoire de la Martinique est très peu connue et c’est pour raviver la mémoire collective que le centre de vannerie du Morne Des Esses porte le nom du dernier chef Caraïbe rebelle, le jeune et brillant Capitaine Nicolas, en souvenir duquel ce lieu de savoir se fait aussi un lieu où s’accomplit un légitime devoir de mémoire.

Bienvenue et bonne visite de l’Espace Capitaine Nicolas, que ce site vous offre de prolonger.